mardi 16 juillet 2013

Les 5 moyens de contrôle et l’Attention ( Sati)

Les 5 moyens de contrôle et l’Attention ( Sati)



La méthode de pratique de l'attention a été découverte par le Bouddha. Il l'a pratiquée lui-même, en obtint les meilleurs résultats et pendant 45 ans l'enseigna.

L'attention - Sati - est comme un gardien. Quand le gardien est présent personne ne peut pénétrer. Aussi, tant que l'attention est présente aux portes de nos sens, notre esprit reste pur. Aucun état mental négatif ne peut pénétrer dans notre esprit. Quand nous perdons notre attention et que nous ne sommes plus attentifs, toutes les impuretés mentales s'infiltrent dans notre esprit. Être attentif est la seule façon de garder notre esprit pur, c'est d'ailleurs un des huit facteurs du noble octuple sentier et le seul moyen pour purifier son esprit. 

Il y a l'attention au corps, aux sensations, à la conscience et aux objets. Il y a sept bénéfices à pratiquer l'attention : la purification de l'esprit, surmonter la peine et le chagrin, la disparition des douleurs physiques et mentales, l'entrée sur le bon chemin et la réalisation de Nibbana. 

Il ne peut y avoir deux objets en même temps dans l'esprit. Étant donné qu'il ne peut y avoir qu'un seul objet dans l'esprit, nous pouvons surmonter tout ce qui nous fait souffrir par l'attention, car quand l'attention est présente dans notre esprit, il ne peut y avoir un second objet, c'est-à-dire la colère, la tristesse, l'attachement, etc... 

Quel que soit notre état d'esprit, nous devons lui faire face par l'attention, nous devons essayer d'y être pleinement attentif. Quand l'attention est vraiment forte, qu'elle est fermement établie, tout disparaît. L'attention a la caractéristique de pénétrer l'objet profondément, elle n'est jamais superficielle, elle ne perd pas l'objet de vue, elle ne l'oublie pas. Nous devons être attentifs à chaque objet dans l'instant présent. Nous devons observer ce qui se présente à nous, sans choisir, de façon très énergique pour voir clairement les choses.

Lorsque le Bouddha s'assit sous l'arbre Bodhi pour méditer, il commença par cette très ferme résolution : « même s’il ne reste que ma peau et mes os, que ma chair et mon sang se dessèchent, je n'abandonnerais pas, je ne me lèverai pas jusqu'à ce que j'atteigne l'éveil. Je ferai cet effort jusqu'à ce que j'accomplisse mon but» 

Un tel effort est appelé « l'effort juste », il signifie un effort intense, c'est l'un des huit facteurs du noble octuple sentier. L'effort est nécessaire pour supprimer les attitudes mentales malsaines et cultiver celles qui sont saines. Pour développer les attitudes mentales saines, nous avons besoin d'effort, d'un réel et puissant effort qui brûle les impuretés. 

Quand un méditant se concentre sur la respiration par exemple, il voit le souffle clairement. Il distingue l'inspiration de l'expiration ; il voit le souffle naître et disparaître et s'aperçoit qu'il n'y a en fait que le souffle et la conscience du souffle, et rien d'autre que l'on pourrait qualifier de personne ou d'individu. Une telle compréhension est appelée « claire compréhension ». Lorsque nous avons une claire compréhension au sujet de quelque chose, nous connaissons cette chose et tous ses aspects. 

Selon l'enseignement du Bouddha, il n'y a en réalité que la chose observée et l'esprit qui observe, et personne d'autre appelé une personne ou un individu, un homme ou une femme. Voir les choses de cette façon se nomme la claire compréhension qui n'apparaît pas au début, mais avec l'expérience et la concentration.

Qu'est-ce que la concentration ? La concentration est un état mental ou un facteur mental qui maintient l'esprit parfaitement fixé sur l'objet, sans le laisser s'échapper vers d'autres objets. La concentration est essentielle pour que la claire compréhension apparaisse. Sans concentration nous ne pouvons espérer voir clairement les choses, ni obtenir la claire compréhension. 
Quand nous sommes concentrés, notre esprit se calme et nous pouvons voir les choses. C'est comme l'eau, s’il  y a de la saleté ou de la boue dans l'eau, nous ne pouvons voir au travers de l'eau, mais quand la saleté ou la boue s'estompent, l'eau devient claire et nous pouvons voir à travers. L'esprit a besoin d'être comme l'eau, tranquille, surtout qu'il y a beaucoup d'impuretés dans notre esprit.

Aussi longtemps que nos esprits seront contaminés par les impuretés mentales, nous ne pourrons pas voir les choses clairement. Nous devons éradiquer les souillures mentales, qui sont des empêchements pour voir clairement. Grâce à la concentration, nous serons capables de surmonter ces empêchements, notre esprit deviendra clair et la claire compréhension ainsi que la connaissance apparaîtront.

Pour cela nous devons faire des efforts. L'effort engendre l'attention. L'attention entraîne la concentration et la concentration mène à la claire compréhension, à la sagesse. 
Il nous faut donc quatre facteurs mentaux : l'énergie, l'attention, la concentration et la claire compréhension ou sagesse. La foi est aussi très importante parce que si nous n'avons pas confiance dans le Bouddha et ses enseignements, nous ne pratiquerons pas. Ce sont les cinq composants de la pratique qui doivent être présents et oeuvrer ensemble harmonieusement.

L'effort et la concentration doivent être équilibrés, s’il y a un excès de l'un des deux, notre méditation ne sera pas bonne. Parfois nous pouvons faire trop d'efforts parce que nous voulons atteindre un but, réaliser quelque chose et nous devenons avides et faisons plus d'efforts, ce qui a pour conséquence l'agitation, la nervosité et la perte de la concentration. Trop d'efforts n'est pas bénéfique, mais pas assez d'efforts non plus car la somnolence et la paresse apparaîtront et nous ne pourrons ni nous concentrer ni pratiquer. L'effort doit être équilibré, ni trop, ni trop peu. 

Il en est de même pour la concentration, si nous sommes trop concentrés nous aurons tendance à relâcher nos efforts, à devenir paresseux ou somnolent. Dans ce cas, il nous faudra augmenter notre effort, avoir une attention plus précise ou noter plus d'objets. Par conséquent, l'effort et la concentration doivent aller de pair pour progresser dans la méditation et obtenir la claire compréhension. 

Les cinq facteurs mentaux doivent fonctionner simultanément et harmonieusement
La méditation est comme une machine. Il y a différentes parties composant la machine et chacune des parties doit fonctionner correctement. Si l'une des parties ne fonctionne pas correctement toute la machine est en panne. 

De la même façon, si un des facteurs mentaux ne fonctionne pas bien, toute la méditation est perturbée, ou si un facteur mental est excessif, les autres facteurs mentaux ne peuvent pas fonctionner correctement et la méditation est mauvaise. C'est pourquoi chacun des cinq facteurs mentaux doit oeuvrer correctement et être en harmonie avec les autres. 

L'attention, elle, est un facteur mental qui régule les cinq autres facteurs mentaux. Elle aide à équilibrer l'effort et la concentration pour qu'ils ne soient pas excessifs. L'attention est toujours requise, il ne peut jamais y avoir trop d'attention. Elle doit toujours être forte, est nécessaire partout, tout le temps et est très importante. Elle protège, en outre, l'esprit contre l'agitation et la somnolence et harmonise les cinq autres facteurs mentaux. 

Quand ces cinq facteurs mentaux sont équilibrés et que le méditant voit clairement les choses, que se passe-t-il ?

Il surmonte le désir, l'avidité et l'attachement, ainsi que la colère et l'aversion. Quand nous expérimentons quelque chose, si par exemple nous voyons quelque chose, nous pouvons nous y attacher, trouver cette chose bonne, belle, ou bien nous pouvons la haïr, la trouver laide, répugnante et ces impuretés mentales pénètrent dans notre esprit. Pour les en empêcher, nous devons utiliser une protection et cette protection est l'attention. 

Quand nous sommes attentifs, les impuretés n'ont aucune chance de pénétrer dans l'esprit, de plus nous voyons les choses telles qu'elles sont avec leur caractère impermanent, ce qui nous évite de nous y attacher. Nous pouvons ainsi éviter le désir, l'attachement ainsi que la haine et l'aversion. 

Si nous ne sommes pas attentifs, nous allons sûrement, à un moment ou à un autre, nous mettre en colère où nous attacher à quelque chose. En étant attentif, nous pourrons empêcher la colère et l'attachement de naître dans notre esprit. 

L'attention doit toujours être présente. Si elle est intense, nous ferons de rapides progrès et pourrons voir la véritable nature des choses : l'impermanence, la souffrance et l'absence de soi propre. 

Voir ces trois caractéristiques est l'essence de Vipassana
Pour cela nous devons observer ce qui se présente, de façon neutre, sans rien omettre, enlever ou ajouter, sans penser, réfléchir, analyser, spéculer, commenter ou juger : il est bon, laid, j'aime, c'est plaisant. Sinon nous ne voyons pas la réalité telle qu'elle est et nous continuons à nous attacher, nous réagissons et cela nous conduit à commettre des bonnes et des mauvaises actions qui créent les conditions pour notre renaissance future. 

Nous prolongeons donc le Samsara et la ronde des naissances et des morts successives. Nous voulons échapper au Samsara, mais si nous n'observons pas avec l'attention, Sati, les objets du présent, nous créons encore du kamma et prolongeons le Samsara et de ce fait la souffrance. 

Par contre, quand nous sommes attentifs, nous ne nous attachons pas, nous ne réagissons pas, nous ne créons pas de nouveau kamma et diminuons notre Samsara, c'est-à-dire notre souffrance. Nous voyons aussi que les choses sont impermanentes, empreintes de souffrance, sans soi et que l'on ne peut rien contrôler. À chaque moment d'attention nous stoppons le flot des naissances et des morts, le Samsara.

Source : Extraits de discours du Vénérable U Silananda, traduits par Vipassanasangha


Les 5 obstacles à la méditation.

Les entraves à la méditation- les 5 nivaranas.

Quelle que soit notre méditation —samatha ou vipassana—, nous pouvons rencontrer différentes entraves, qui parfois la gênent, voire souvent la paralysent complètement. Ce sont les nivarana. Classées en cinq catégories, aucune de ces entraves n’épargne le débutant. Elles persistent même chez les méditants avancés, mais d’une façon amoindrie toutefois.

Les 5 nivaranas ne peuvent être complètement écartés qu'au 1er jhāna, au minimum. On peut toutefois parler de nivarana «grossiers» pouvant être surpassés avant dans la méditation, mais il demeure encore des nivarana «subtils».

Nous ne progressons dans la méditation que lorsque nous parvenons à surpasser ces nivarana. C’est pourquoi il est capital de bien apprendre à les reconnaître et à les éviter. Tant que demeurent les kilesa, même après avoir échappé à une ou plusieurs de ces entraves, elles peuvent nous enchaîner de nouveau et à tout moment. Mieux nous les connaîtrons et moins nous nous ferons piéger. C’est un peu comme les serpents. Mieux nous les connaissons et moins nous nous faisons piquer, même si le risque demeure. Et si ces serpents, ces obstacles, ne nous «piquent» plus autant, ce n’est pas parce qu’ils sont plus cléments, mais bien parce que nous sommes attentifs aux signes d’attaque et plus habiles à esquiver leurs «morsures».

Tout ce qui peut constituer d’une façon ou d’une autre un empêchement à la méditation, entre dans l’un de ces cinq nivarana. En étudiant ce groupe des cinq, nous constatons qu’il s’agit exclusivement d’obstacles intérieurs, c’est-à-dire mentaux. Mais alors, les «attaques» externes comme le bruit ou la chaleur ne seraient-elles pas considérées comme des obstacles? En réalité, elles ne sont considérées comme des obstacles qu’à partir du moment où on les «laisse entrer» à l’intérieur. Quand il y a du bruit ou de la chaleur, nous sommes entravés dans notre pratique uniquement si nous y prêtons attention et que notre esprit s’irrite ou espère un état plus silencieux, plus frais, etc.

Une profonde concentration permet d’ignorer totalement les attaques externes. Toutefois, c’est beaucoup plus délicat à gérer avec une concentration moindre. Dans ce cas, avant de se soucier des causes internes des cinq entraves, il convient de veiller à trouver les conditions où les risques de causes externes sont les plus faibles possible. Nous choisirons donc pour méditer un lieu ni trop chaud ni trop froid, relativement calme et tranquille, sans excès d’éclairage, sans difficultés pour obtenir sa nourriture, et loin de tout ce qui suscite plaisirs et attachements.
Une fois que nous bénéficions de conditions convenables pour notre méditation, dès la toute première minute de pratique, nous verrons combien toute la difficulté réside dans les 5 entraves…

Les 5 nivaranas
Nom
Analogie avec l’eau
Contraire
1
kamacchanda
Le désir sensoriel
Eau
teintée
sukha
Le bonheur
2
byapada
Le mécontentement
Eau
en ébulition
piti
La joie
3
thina middha
La paresse et la torpeur
Eau
gelée
vicara
L’application soutenue
4
uddhacca kukkucca
L’agitation mentale et les remords
Eau
balayée par le vent
ekkagata
La concentration de l’esprit en un seul point
5
vicikiccha
Le doute
Eau
trouble
vitakka
La prise ferme

Il est généralement question de «cinq» entraves, mais on parle parfois aussi de «six» entraves. La 6e est avijja. C’est la méconnaissance des 4 Nobles Vérités.

  

La métaphore du désir sensoriel : On ne peut pas voir à travers une eau teintée.

Le désir sensoriel (kamacchanda)

Comment reconnaître kamacchanda? Quelle que soit la sensation que nous pouvons ressentir, ne serait-ce qu’un bref instant, qu’il ne s’agisse que d’une petite réflexion, aussitôt qu’elle est plaisante, kamacchanda, le désir sensoriel, est là.
Le contraire de kamacchanda. Lorsque le désir sensoriel est totalement absent, apparaît sukha, le bonheur. C’est le quatrième des cinq facteurs du 1er jhana. L’esprit goûte au bien-être procuré par sa capacité à demeurer paisiblement sur son objet.
La cause de kamacchanda. Qu’il s’agisse de visions, de sons, de touchers, de goûts, d’odeurs ou de pensées, dès lors qu’il s’agit de sensations agréables, notre esprit s’y colle, s’y complait et s’y attache fortement. En raison de ces sensations qui peuvent surgir à tout moment, apparaît le désir pour ces sensations, pour qu’elles durent.
L’antidote de kāmacchanda. Favoriser le développement de la concentration par rapport à celui de l’énergie, notamment en prolongeant le temps d’assise. Se déterminer à rester concentré uniquement sur son objet de méditation quoiqu’il arrive. S’intéresser sincèrement à l’objet de méditation.
Développer asubha : la contemplation sur l’aspect déplaisant du corps.
Équilibrer les 5 indriya, c’est-à-dire les cinq facultés de contrôle.



La métaphore du mécontentement : On ne peut pas voir à travers une eau en ébullition.

Le mécontentement (byapada)

Comment reconnaître byapada? Au moindre sentiment d’irritation, de dépréciation, de rejet, de colère ou de haine, il s’agit de byapada. Byapada peut être engendré par la moindre pensée d’insatisfaction et peut concerner des choses lointaines dans le passé.
Le contraire de byapada. Lorsque le mécontentement est totalement absent, apparaît pīti, la joie. C’est le troisième des cinq facteurs du 1er jhāna. L’esprit est intéressé à son objet.
La cause de byapada. Lorsque notre esprit évoque des choses véhiculant un sentiment de discorde, comme des différents avec d’autres personnes, ou qu’il refuse une situation inconfortable, comme la chaleur ou les insectes harcelants, byapada apparaît.
L’antidote de byapada. Accepter l’idée que l’unique responsable de notre mécontentement est nous-même. Penser à tout ce que le Bouddha a dû endurer pendant de si nombreuses vies pour pouvoir nous donner tout défricher le précieux chemin du Dhamma.
Développer metta bhavana : la méditation sur la bienveillance.
Équilibrer les 5 indriya, c’est-à-dire les cinq facultés de contrôle.



La métaphore de la paresse et la torpeur : On ne peut pas voir à travers une eau gelée.

La paresse et la torpeur (thina middha)

Comment reconnaître thina middha? Quand nous ne parvenons plus à rester correctement sur notre objet de méditation, que notre concentration «glisse» continuellement, que notre énergie et notre attention sont brouillées ou éteintes, c’est thina middha.
Le contraire de thina middha. Lorsque la paresse et la torpeur sont totalement absentes, apparaît vicara, l’application soutenue. C’est le quatrième des cinq facteurs du 1er jhana. L’esprit reste sur son objet.
La cause de thina middha. Il y a paresse ou torpeur dès que l’esprit n’a plus pour intérêt principal l’objet de méditation et que l’énergie baisse.
L’antidote de thina middha. Favoriser le développement de l’énergie (par exemple, en réduisant le temps d’assise et en marchant plus). Stimuler physiquement le corps : regarder quelques instants une source lumineuse, se mettre de l’eau froide sur le visage, effectuer quelques étirements, méditer debout.. S’intéresser sincèrement à l’objet de méditation.
Développer marananussati : la considération attentive sur le caractère inévitable de la mort. Équilibrer les 5 indriya, c’est-à-dire les cinq facultés de contrôle.



La métaphore de l’agitation mentale et les remords : On ne peut pas voir à travers une eau balayée par le vent.

L’agitation mentale et les remords (uddhacca kukkucca)

Comment reconnaître uddhacca kukkucca? Quand l’esprit n’est pas tranquille, qu’il se sent inquiet ou perturbé —ne serait-ce par un petit détail—, il y a agitation mentale. Quand l’esprit ressasse des actes qu’il regrette, il y a remords. Dans les deux cas, il est incapable de rester fixé sur un seul objet. Nous nous accrochons à ces pensées inconfortables, avec le sentiment que nous ne pouvons pas continuer notre méditation tant que le problème à l’origine de l’agitation mentale ou du remord ne sera pas réglé.
Le contraire de uddhacca kukkucca. Lorsque l’agitation mentale et les remords sont totalement absents, apparaît ekkagata, la concentration de l’esprit en un seul point. C’est le cinquième des cinq facteurs du 1er jhana. L’esprit est totalement unifié à son objet.
La cause de uddhacca kukkucca. Tant que l’esprit n’est pas bien centré sur son objet de méditation, il peut ressentir de l’ennui. Ainsi, il ne manque aucune occasion pour se divertir. Et quand il n’y a rien, que nous sommes immobiles les yeux fermés dans le silence, les moindres pensées, inconforts, inquiétudes, réflexions, souvenirs, culpabilités, sentiments et sensations sont comme autant de «chaînes de télévision» dans lesquelles nous nous absorbons de manière insatiable, même quand c’est désagréable. On adore parler de ses problèmes!
Si on laisse une seule fourmi apercevoir un cake, elle invite toute la fourmilière. De la même façon, quand nous commençons à «écouter» un de nos problèmes, même insignifiant, nous invitons toute la «fourmilière» d’uddhacca kukkucca : une myriade d’inquiétudes en tout genre. Cet état d’agitation intérieure peut même provoquer des démangeaisons physiques.
Si nous ne soignons pas bien la qualité de nos actes, cela engendrera des remords apparaissant pendant la méditation. Les états où l’activité mentale est relativement calme constituent un terrain très propice à la remontée en surface des regrets et culpabilités liés aux méconduites de toutes sortes, même très anciennes. C’est pourquoi il importe d’entretenir constamment une conduite vertueuse et aussi irréprochable que possible. Sans une vertu pure, la méditation ne restera qu’un champ d’obstacles.
L’antidote de uddhacca kukkucca. Entretenir continuellement un comportement vertueux à la fois physiquement et mentalement, même quand on ne médite pas. Renoncer à nourrir un sentiment d’agitation mentale ou un remord, quels qu’ils soient et de quelle façon que ce soit. Se rappeler que l’esprit est ravi de saisir n’importe quelle occasion pour se divertir, même des sentiments désagréables. Se déterminer à ne pas bouger du tout. Physique ou mentale, toute gêne, inquiétude ou inconfort finit par disparaître, à condition de l’ignorer.
Équilibrer les 5 indriyas, c’est-à-dire les cinq facultés de contrôle.



La métaphore du doute : On ne peut pas voir à travers une eau trouble.

Le doute (vicikiccha)

Comment reconnaître vicikiccha ? Si le cheminement que nous suivons semble se compliquer, que notre perception des choses perd de sa clarté, la confusion s’installe et nous n’arrivons plus à avancer ou pire : nous ne voulons plus poursuivre. L’esprit embrouillé, nous pouvons commencer à douter, non seulement de nos capacités, mais aussi de notre guide, de la méthode enseignée, de la méditation en général, de Bouddha ou du Dhamma.
Le contraire de vicikiccha. Lorsque le doute est totalement absent, apparaît vitakka, la prise ferme. C’est le premier des cinq facteurs du 1er jhana. L’esprit se saisit de son objet. D’une certaine façon, le doute a pour contraire la confiance, mais une fois celle-ci parfaitement établie, elle correspond inévitablement à une ferme saisie de l’objet.
La cause de vicikiccha. Les principaux artisans du doute sont le découragement, «Je n’y arrive plus. Je ne sais plus comment m’y prendre…» et le scepticisme, «C’est impossible. Je n’ai jamais vu ça…». Naturellement, des informations erronées, contradictoires ou mal interprétées peuvent y contribuer. Le doute est un sentiment de blocage qui paralyse tout souhait d’effort dans la pratique. Notre tendance naturelle est d’employer la réflexion pour y remédier, mais celle-ci ne peut au mieux que masquer temporairement le doute car elle se base sur des pensées, donc sur des concepts.
L’antidote de vicikiccha. Pratiquer les préceptes, la concentration et l’attention. Seul l’exercice de la vertu, de la concentration et de l’attention est en mesure d’anéantir peu à peu le doute. Comprendre ce qui est pratiqué en se renseignant convenablement auprès d’individus compétents et inspirant la confiance.
Développer buddhanussati : la considération des qualités de Bouddha.
Équilibrer les 5 indriya, c’est-à-dire les cinq facultés de contrôle.




lundi 15 juillet 2013

Introduction à Vipassana

Qu'est-ce que la méditation Vipassana?


une réponse possible.

Vipassana c’est la méditation de l’attention ou de la vision pénétrante qui correspond à la septième étape de l’Octuple Sentier. On travaille cette méditation, on la développe pour voir l’impermanence, l’insatisfaction et le non-soi des cinq agrégats.

On est extrêmement attentif et vigilant, cela représente sati sampajana  autrement dit l’attention doublée d’une claire compréhension des choses. L’attention filtre, l’attention distingue ce qui est bénéfique de ce qui ne l’est pas. Ensuite elle ne laisse pas ce qui est bénéfique s’éloigner ; elle l’invite à entrer, elle l’accepte. L’attention est donc ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux.

La méditation de l’attention implique les 6 sens notamment la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher et la pensée. Quoi qu’il se produise au niveau de ces sens, c’est là que se situe notre terrain de pratique de l’attention. Cette pratique est en réalité très dynamique et elle inclut tout. Tout ce qui est vu, entendu, senti, goûté, touché et pensé devient objet de méditation.

En vérité, toutes ces choses qui sont vues, entendues, senties, goûtées, touchées et pensées, sont marquées par les mêmes caractéristiques. Normalement, on voit un objet, on se laisse happer par son apparence extérieure, mais le seigneur de la cité ne reçoit pas ce message-là — cela signifie que la conscience devrait recevoir le réel message de ce qui est vu.

Et quelle est cette réalité, cette vérité ? C’est que, quoi que ce qui est vu, cette chose qui est vue n’est pas permanente. En d’autres termes, ce qui est vu disparaît immédiatement. Il en est de même pour l’ouïe, le toucher, l’odorat, le gustatif. De la même manière, quand la pensée s’arrête sur un objet, pendant qu’on est en train de penser, cette pensée est animée dans l’esprit, mais dès qu’on cesse de penser, elle n’y est plus.

Dans cette méditation de l’attention, on doit être pleinement conscient de ce qui se passe pendant que cela se passe — ni avant, ni après. Cela signifie qu’on ne peut faire l’expérience de l’impermanence que lorsqu’on est en train de la vivre. On ne fait l’expérience de cela que lorsque l’objet est saisi, dans l’instant présent. Ensuite, cela n’est plus là. Voilà ce que signifie Vipassana.




jeudi 11 juillet 2013


La Protection du Bouddha - Buddhanussati

Itipi so Bhagava, Araham
Sammasambuddho, Vijjacarana Sampanno,
Sugato, Lokavidu
Anuttaro Purisa Dammasarathi
Satthadeva Manussanam,
Buddho, Bhagava

Rappel du Bouddha

Lui, le Bouddha Omniscient est, digne de vénération de tous les êtres
Entièrement et pleinement éveillé, doué de connaissance suprême et conduite vertueuse
Doué de la parole juste, Doué de la connaissance des mondes
Leader incontestable, capable d’aider tous les êtres
Enseignant aux dieux et aux hommes,
L’Eveillé, le Bienheureux ( le Béni )

Commentaire
Chaque fois qu'on débute une méditation, on peut demander ainsi la Protection du Bouddha en se rappelant ses attributs, ses qualités bienfaisantes. Toute pensée disparaît dans le même temps, pour faire place à l'instant présent. Les préoccupations d'avant la méditation disparaissent par un coup de baguette magique. Nous allons être aidés par le Bouddha en cela. Nous pouvons avoir toute Foi et Confiance en lui.








mardi 9 juillet 2013

Synthèse Anapanasati - la méditation sur la respiration.

Heure1 : Suivre le son naturel du souffle pendant l’inspir/expir complet du nez au bas ventre et vice-et-versa. Compter de 1 à 10, 1 étant l’inspir/expir complet, puis continuer. Prendre conscience de la respiration, prendre conscience des sensations dans le corps le long du passage du souffle pendant l’inspir et l’expir. Cet exercice a pour but de reprendre conscience de la respiration, mais aussi de poser les bases de ce qu'est la méditation dans le bouddhisme: l'exercice de l'observation. 

Heure2 : Attention au souffle concentré au nez. Prendre conscience de la respiration dans les 2 narines, prendre conscience de toutes les sensations dans cette partie délimitée, picotements, chaleur, point lumineux, tension, etc..

Heure3 : respiration concentrée au bout du nez uniquement. Se mettre en tant que gardien de la porte d’entrée du nez. On regarde, on observe uniquement en ce point le souffle entrer et sortir. On compte de 1 à 10 les respirations. On peut aussi utiliser le mantra ‘’Bhuddo’’, avec BUD à l’inspir et DHO à l’expir. Pourquoi BUDDHO ? Tout simplement parce que la traduction de BUDDHO est EVEIL TOTAL. Voilà pour le secret d’une conscience claire !

Exercice de Concentration numéro 1 :
Oublier le passé et le futur, être dans le présent, l’inspir puis l’expir.
Etre vide de sentiments, émotions, pensées, elles sont le FAUX, l’illusion.
Etre dans la sensation de l’inspir/expir qui est le VRAI.

Synthèse Vipassana - la méditation de la pleine conscience.

Heure1 : centré au bout du nez, prendre conscience des sensations du corps par le bodyscan temps approximatif d’1 aller-retour : 10 minutes.
Heure2 : idem. Heure3 : idem.

Exercice d'Attention numéro 1 :
Oublier le passé et le futur, être dans le présent, en rappel de soi sur l’inspir puis l’expir.
Observer toutes les sensations du corps, à l'intérieur du corps comme à lextérieur du corps.

Liberté d'expression pour mieux comprendre et s'améliorer

Avant et après chaque méditation, chacun a pu poser en toute liberté toutes les questions qui lui venaient à l'esprit concernant les éléments de la pratique courante au groupe, concernant des détails vécus à titre personnel, ou enfin de manière plus générale sur tous autres points de la méditation et de la vie. A ce titre, une fois le repas terminé le groupe a fait une marche digestive. Ce qui a permis d'introduire les fondements de la marche méditative qui est le 2d type de méditation dans le bouddhisme, et de pratiquer. 

Suggestion de lecture : Méditer au quotidien de Hénépola Gunaratana ( 5€ en Fnac). Un très bon livre de chevet sur la méditation.


Se préparer à une méditation en pleine conscience

Se préparer à une méditation en pleine conscience

le préalable à toute méditation, c'est la mise en condition de l'environnement de la pièce où l'on se trouve pour aller vers l'intérieur de soi.

préparer le lieu


on peut se créer un petit autel sur lequel on mettra un Bouddha avec 2 bougies - l'une à gauche, l'autre à droite -. Y rajouter des fleurs pour nous rappeler que nous recherchons tout simplement la nature des choses telles qu'elles sont, sans les mots. Y rajouter un bol d'eau qui symbolise la purification; chaque fois que nous rentrons en méditation, nous nettoyons le mental de ses impuretés. et puis je brûle 3 encens pour nettoyer plus concrètement la pièce de ses impuretés physiques et la protéger pendant cette méditation.

la posture


je peux adopter la position assise en tailleur comme cela me convient le mieux, ou même m'asseoir sur une chaise. le but est d'avoir le dos droit de manière à ce que la conscience soit aussi droite que le dos, à savoir claire. il ne s'agit donc pas d'avoir des douleurs pour le plaisir, mais de créer un cadre propice au développement du mental. Car la culture du mental est bhavana, l'enseignement du Bouddha. La méditation du Bouddha n'est pas un yoga, c'est apprendre à observer le flot de l'énergie universelle et la transformation de la vie au travers des expériences qu'on en a 24h/24.

le retrait des sens progressif


Le retrait des sens commence par fermer les yeux de manière à couper le flot des distractions majeur qui peut nous perturber durant l'observation. En particulier, cela nous permet de rentrer tout de suite dans la vision du troisième oeil qui est la vision du méditant.

Pour ce qui concerne l'ouie, on va se déplacer progressivement de zones lointaines aux zones les plus proches. La zone la plus loin est celle où notre ouie entend faiblement les sons. On peu par exemple la situer à 2/3 km de distance. mentalement, on se bloque sur cette fréquence, et on écoute. Tous les bruits se situant à cette distance doivent être connus et répertoriés. Il ne s'agit pas de comprendre ces bruits, mais tout simplement de les entendre sans plus. Une fois bien écoutée, bien acceptée, on passe à une zone + proche. A quelques centaines de mètres, on peut entendre d'autres bruits. Par exemple celui du train qui passe, plus proche les oiseaux qui chantent, les corbeaux qui croassent, les voitures qui passent. Puis, maintenant on se rapproche à 1 dizaine de mètres, et on entend le feuillage des arbres qui sont en bas dans le jardin. Quelques oiseaux qui batifollent, un enfant qui crie dans le jardin. Et puis, on rentre dans la zone de l'appartement. On écoute le bruit de la vaisselle dans la cuisine, de l'eau dans la douche. Il est enfin temps d'écouter les bruits de notre pièce; le bruit de l'horloge, le bruit du souffle ou de nos collègues de méditation ( s'il y en a ). Voilà, maintenant on y est. On coupe l'ouie extérieure pour rentrer à l'intérieur, en méditation, dans l'observation de soi.

la méditation proprement dite


La méditation Vipassana est caractérisée par l'observation de tous les phénomènes qui arrivent
aux portes des 6 sens. Dans le bouddhisme, le mental est considéré comme le 6ième sens qui créée lui aussi des phénomènes. Ainsi, on peut comprendre le mental et ses créations par l'observation et se détacher des souffrances qu'il génère pour s'en libérer. La clarté de la conscience est maintenue par le soufflet de la respiration consciente sur une partie du corps en même temps qu'on observe les phénomènes. Cette partie du corps a été initialement placée au bout du nez par le Bouddha. Donc, dans ce cas on fera le rappel de soi par la respiration au bout du nez en même temps que l'observation des sensations, émotions, sentiments, pensées sur l'écran du mental. Chaque phénomène observé ne donne lieu à aucune réaction pour éviter que le mental crée des frictions qui seraient nuisibles à la santé physique et mentale par leur permanence. On doit retrouver dans chaque phénomène les 3 caractéristiques de la souffrance ( dhukkha), de l'impermanence ( anicca) et du non-soi ( anata).

Bon courage, bonne méditation !

Le Soutra de l’Attention à la Respiration - Anapanasati Sutta

Le Soutra de l’Attention à la Respiration - Anapanasati Sutta

Lorsque la pleine lune suivante arriva, le Bouddha, assis à l’extérieur avec les moines, leur dit après les avoir regardés silencieusement :

« Vénérables moines, notre communauté est pure et bonne. En son sein, il n’y a nul besoin de bavardage prétentieux et inutile et c’est pourquoi elle est digne de recevoir des offrandes et d’être considérée comme un champ de mérite. Elle est digne de respect. Une telle communauté est rare, et tout pélerin qui la cherche, aussi long que soit le voyage qu’il doit accomplir cherchera à y prendre refuge et la trouvera digne de respect. »

« O moines, la méthode qui consiste à contempler sa respiration, apportera de grands bénéfices et de grands avantages si elle est développée et pratiquée régulièrement. Elle amènera le succès dans la pratique des Quatre Etablissements de la Pleine conscience. Si la méthode des Quatres Etablissements de la Pleine conscience est développée et pratiquée régulièrement, cela amènera à la réussite dans la pratique des Sept facteurs d’éveil. Les Sept facteurs d’éveil, s’ils sont développés et pratiqués régulièrement, feront naître la compréhension et engendreront la libération de l’esprit. »

« Comment développer et pratiquer régulièrement la méthode de la Pleine conscience de la respiration afin que la pratique porte ses fruits et soit source de grands bienfaits ? Cela se passe ainsi, moines : le pratiquant va dans la forêt ou au pied d’un arbre dans un endroit désert : il s’assied dans la posture du lotus, le corps stable et droit, la Pleine conscience établie devant lui. 

Lorsqu’il inspire, il sait qu’il inspire ; lorsqu’il expire, il sait qu’il expire.

1- En inspirant longuement, il observe "l’inspir est long".
En expirant longuement, il observe "l’expir est long".


2- En inspirant brièvement, il observe "l’inspir est court".
En expirant brièvement, il observe "l’expir est court".


3- "J’inspire et je suis conscient de tout mon corps.
J’expire et je suis conscient de tout mon corps." C’est ainsi qu’il pratique.


4- "J’inspire et j’apaise mon corps tout entier.
J’expire et j’apaise mon corps tout entier". Ainsi pratique-t-il.


5- "J’inspire et je me sens joyeux.
J’expire et je me sens joyeux". Ainsi pratique-t-il.


6- "J’inspire et je me sens heureux.
J’expire et je me sens heureux". Ainsi pratique-t-il.


7- "J’inspire et je suis conscient des formations mentales.
J’expire et je suis conscient des formations mentales". Ainsi pratique-t-il.


8- "J’inspire et je calme les formations mentales.
J’expire et je calme les formations mentales". Ainsi pratique-t-il.


9- "J’inspire et je suis conscient du mental.
J’expire et je suis conscient du mental". Ainsi pratique-t-il.


10- "J’inspire et je rends l’esprit heureux.
J’expire et je rends l’esprit heureux" . Ainsi pratique-t-il.


11- "J’inspire et je concentre le mental.
J’expire et je concentre le mental". Ainsi pratique-t-il.


12- "J’inspire et je libère le mental.
J’expire et je libère le mental". Ainsi pratique-t-il.


13- "J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes.
J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes". Ainsi pratique-t-il.


14- "J’inspire et j’observe la disparition progressive du désir.
J’expire et j’observe la disparition progressive du désir". Ainsi pratique-t-il.


15- "J’inspire et je contemple la nature non née et non morte de tout phénomène.
J’expire et je contemple la nature non née et non morte de tout phénomène". Ainsi pratique-t-il.


16- "J’inspire et je contemple le lâcher-prise.
J’expire et je contemple le lâcher-prise". Ainsi pratique-t-il.


« Pratiquée et développée régulièrement selon ces instructions, la Pleine conscience de la respiration portera ses fruits et sera source de grands bienfaits. »